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Comme la plupart des économies asiatiques, l’Inde retrouve une croissance
autour de 8%en 2009 et qui resterait sur lemême rythme cette année. Seule
inquiétude, l’inflation, qui devrait augmenter dans lesmêmes proportions.
Les indicateurs sont au vert en Inde, signe tangible de la reprise
économique. La production industrielle a ainsi enregistréunehausse de 11,7%aumois de novembre sur un an, la plus importante depuis deux ans, d’après les
données officielles publiées hier.De même, alors que l’Inde connaissait
dernièrement une forte contraction de son commerce extérieur, les exportations,
en décembre, se sont redressées, pour la première fois depuis quatorzemois, à 14,6milliards de dollars. Ces bons chiffres ne doivent toutefois pas occulter l’accroissement des prix des denrées alimentaires, qui risque de réorienter
l’attitude jusqu’ici conciliante de la banque centrale indienne.
De fait, depuis le début de la crise financière, la Reserve Bank of India a mené une politique monétaire souple destinée à protéger l’économie indienne de la récession mondiale.
Elle a ainsi abaissé six fois le taux auquel elle prête aux banques commerciales depuis octobre 2008. Des taux d’intérêt historiquement bas couplés à l’augmentation des liquidités injectées dans le système bancaire ont donc permis d’atténuer les effets de la crise en Inde.
Mais la troisième économie asiatique a quandmême été victime de l’effondrement de la demande mondiale. L’Union européenne et les Etats-Unis, les zones les plus touchées par la récession, sont en effet respectivement la première et la deuxième destination des exportations indiennes.
Le gouvernement indien a réagi avec un ensemble de mesures destinées à stimuler l’économie, parmi lesquelles une politique d’incitation fiscale et des aides à l’exportation. Ainsi, les entreprises exportant vers l’Afrique ou l’Amérique du Sud ont bénéficié de remboursements de taxes.
Et les résultats sont là. Les exportations de voitures ont bondi de 39,3 % en décembre sur un an, d’après la Société des constructeurs automobiles indiens.
« C’est une indication claire de l’adaptabilité des exportateurs et, bien sûr, de l’impact positif des mesures de relance du gouvernement », d’après l’Organisation des exportateurs indiens qui espère que ces incitations
perdureront. Ce souhait devrait être exhaussé puisque leministre du Commerce Anand Sharma a évoqué, lundi, l’annonce prochaine de nouvellesmesures.
Resserrer sa politique monétaire .
Si le gouvernement indien semble vouloir persévérer dans sa ligne de conduite, la banque centrale indienne pourrait bientôt changer de cap en durcissant sa politique monétaire. D’après un avis largement partagé par les observateurs,
l’augmentation actuelle des prix des produits alimentaires pourrait
amener la Reserve Bank of India à s’attaquer à l’inflation, dans un
pays qui compte encore des millions de pauvres. Le seul prix des pommes de terre a doublé en 2009 et le prix des lentilles, l’un des alimentsde base des plats indiens, a progressé de 42 %.
Ainsi, l’Inde a enregistré une hausse de l’inflation de 4,78 % en novembre sur un an, son plus haut niveau depuis dix mois. D’après les dernières estimations, l’inflation pourrait encore augmenter dans les mois à venir et atteindre une hausse de l’ordre de 8 %d’ici à la fin de l’année budgétaire, en mars 2010.
C’est le même chiffre qui est attendu en termes de croissance cette année comme en 2009, d’après les dernières estimations du ministère des Finances. Cela pourrait définitivement décider la banque centrale indienne a resserrer
sa politiquemonétaire. Si, dans un premier temps, elle devrait plutôt agir en réduisant les liquidités dans le système bancaire, elle pourrait remonter ses taux directeurs dèsmars. Réponse lors de sa prochaine communication, fin janvier.
JESSICA BERTHEREAU
Source: Les Echos |