| Description : |
Rabat, le 25 juin 2010
Parmi les mesures phares que le gouvernement a mis en place pour soutenir les exportateurs figure l’assurance publique complémentaire à l’assurance-crédit commerciale. Celle-ci, se traduit par une prise en charge par l’Etat d’une partie du risque non couvert par la SMAEX.
L’objectif est de préserver les parts de marchés des exportateurs marocains :
En garantissant un maximum des crédits accordés
En soutenant des délais de paiement plus longs qui sont un élément important de compétitivité dans une conjoncture marquée par un resserrement des crédits bancaires, conjoncture où le crédit interentreprises a joué un rôle de relais qui a permis de soulager les contraintes financières des acheteurs étrangers.
D’ailleurs, la SMAEX a enregistré un pic historique de demande d’options, donc de besoin de protection, qui ont atteint 6,7 Milliards de Dirhams en 2009 en progression de 60% par rapport à 2008. Malheureusement, cet effet demande n’a pas joué sur l’évolution de l’assurance-crédit dont le volume est intrinsèquement lié à celui des transactions effectives entre les entreprises : moins de transactions internationales implique, de toute évidence, un moindre volume de créances à garantir.
Cependant, le commerce mondial qui a connu une baisse de prés de 20% en 2009 connaît un redémarrage même si l’Europe est moins concernée par la dynamique de reprise, les exportateurs ont encore besoin du dispositif mis en place par l’Etat pour profiter du renforcement des relations Sud/Sud et des interactions croissantes entre les pays en développement, notamment, à travers le commerce. D’ailleurs, les couvertures de l’assurance-crédit publique ont concerné au cours des quatre premiers mois de l’année 2010, le marché Russe qui a représenté prés de 60% des garanties accordées et c’est le secteur agro-alimentaire qui en a bénéficié à hauteur de 95% ; pour les mois de mai et juin, c’est l’Afrique qui vient en tête mais avec le secteur des IMME qui représente 85% des garanties accordées.
Jusqu’à présent, la SMAEX n’a enregistré aucun incident de paiement et par conséquent aucun prélèvement n’a été effectué sur le Fonds Public de Réserve géré par la SMAEX pour le compte de l’Etat et qui gère les risques non couverts par le marché, c’est-à-dire, les risques politiques, catastrophiques et de non transfert de devise, le risque d’échec commercial à travers les assurances foire et prospection et aussi le risque crédit à moyen terme.
Malgré ce résultat plutôt réjouissant, il y a lieu de mettre l’accent sur une menace qui n’est pas encore une réalité : la crise de la dette publique risque de peser sur le crédit aux entreprises. L’effet de contagion, le risque de transmission existe parce que :
1.Les taux d’intérêt de la dette d’Etat influence les conditions de financement de l’économie.
2.L’exposition au risque souverain met les établissements financiers sous pression.
3.Les banques européennes sont devant les échéances de liquidité notamment celle du 1er juillet. Elles doivent sortir de la facilité de financement exceptionnelle que la BCE leur avait accordé après la crise financière ; même si les banques se sont préparées et même si elles disposent de leviers pour faire face à leurs échéances, les établissements les plus faibles d’Europe, situés dans les Etats les plus endettés de la zone euro font renaître la méfiance à leur égard.
Le risque est celui de la croissance de leurs coûts de financement et cette situation pourrait conduire les banques à limiter l’offre de crédit aux entreprises avec par conséquent un risque très fort d’incidents de paiement de la part des entreprises.
La vigilance est donc de mise et il y a lieu de rappeler que l’assurance-crédit publique complémentaire couvre le non paiement d’une créance sur un client étranger dans les mêmes conditions que celles du contrat d’assurance-crédit de base. Autrement dit, elle est au maximum égale au montant de la garantie accordée par la SMAEX.
Au vu de l’ensemble de ces considérations, le comité de vielle a acté le principe de prorogation de la durée de validité de la convention jusqu’à la fin de l’année 2010.
|