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· Les réunions trimestrielles au lieu de tous les mois
· Les mesures de soutien reconduites
· Le textile toujours en crise, l'aéronautique en «petite année»
La prochaine réunion du Comité de veille stratégique (CVS) est fixée pour le lundi 20 septembre. Sachant que les mesures de soutien devaient en principe se terminer fin juin. A l’issue de sa 11e réunion, tenue le 23 juin à Rabat, le CVS a décidé encore une fois de proroger les mesures de soutien jusqu’au 31 décembre 2010.
Or, il faut préciser que ce Comité est avant tout une instance d’échange, de réflexion et de proposition. Autant dire qu’il n’a pas vocation à décider. C’est plutôt la Primature qui aura le dernier mot. Mais ce n’est qu’une question de forme. En fait, le principe de «la reconduction du plan est déjà acquis», d’après Mohamed Horani, président de la Confédération patronale lors de l’assemblée générale du 24 juin, tenue à Casablanca. Trois décisions majeures se dégagent de la dernière réunion du CVS: le comité sera désormais institutionnalisé. Il se réunira chaque trimestre avec toutefois un calendrier flexible et la création finalement d’un comité sectoriel pour l’épargne. Sans omettre la relance de deux autres dédiés à l’immobilier et au tourisme.
Rappelons que les secteurs jugés les plus touchés par la crise sont l’automobile, le textile & cuir et l’électronique. C’était en début 2009, lors de la création du Comité de veille. Plus d’une année après, où en sommes-nous dans la mise en œuvre des mesures de soutien? Sachant aussi qu’elles se répartissent en 4 volets: social, financier, commercial et formation.
Selon la version officielle, 443 entreprises ont bénéficié du remboursement de 100% des cotisations patronales à la CNSS au prorata de leur chiffre d’affaires à l’export.
Près de 400 sociétés ont eu droit à 500 millions de DH, principalement dans le textile (90%), le cuir, l’automobile et l’électronique. Ce montant concerne uniquement le volet social des mesures de soutien. Sur le plan financier, les derniers chiffres du ministère du Commerce et de l’Industrie annoncent aussi que 129 sociétés ont bénéficié des crédits d’exploitation CCG pour un montant de 723 millions de DH. Là encore, c’est le secteur textile qui se taille la part du lion.
Il s’avère, selon une source proche du dossier, que «la signature des avenants relatifs aux mesures de soutien a tardé. Ce retard s’est répercuté sur le versement des fonds aux bénéficiaires. Et a ainsi mis à mal la trésorerie des entreprises ciblées».
Plus grave encore, «jusqu’au 25 juin, les fonds au titre du 1er semestre n’ont toujours pas été déboursés».
Est-ce à dire que le plan de soutien manque de fluidité et de réactivité?
Contacté par L’Economiste, Salaheddine Mezouar, ministre des Finances, est resté injoignable. Il préside d’ailleurs le Comité de veille stratégique.
Certes, des secteurs, tels que le tourisme et les phosphates, affichent des signes de reprise. Ce qui donne un brin d’optimisme au ministre des Finances lorsqu’il annonce des perspectives de croissance relativement bonnes pour 2010 et 2011.
D’autres, en revanche, continuent d’être impactés par la crise.
C’est le cas du textile qui, au premier trimestre, selon l’Office des changes, a exporté 29,8 milliards de DH contre 27,2 milliards de DH pour la même période de l’an dernier. C’est une progression d’un peu plus de 9% par rapport au 1er trimestre 2009.
Quant aux exportations de bonneterie et de vêtements confectionnés, elles ont chuté de plus de 35% (L’Economiste du 25 juin 2010).
Du côté de l’Association marocaine de l’industrie textile & habillement (AMITH), la prudence est de mise sur la situation du secteur. «Les premiers mois de 2010 ont été difficiles. Les chiffres du commerce extérieur l’attestent. Les plans d’austérité déclenchés en Union européenne suite à la crise grecque risquent de se répercuter sur le Maroc. Car les pays d’Europe constituent nos principaux donneurs d’ordre», commente Mohamed Tazi, directeur général de l’Amith.
N’empêche qu’il y a des signaux favorables. L’envolée du dollar face à l’euro réoriente les stratégies d’approvisionnement de nos principaux clients. «Les donneurs d’ordre veulent répartir le risque entre l’Asie et les pays à zone euro, dont le Maroc. C’est ce qui explique une légère baisse depuis la mi-avril 2010». Mais l’inquiétude persiste car «la situation reste incertaine en Europe», relativise Tazi.
L’aéronautique est le 2e secteur à voir ses exportations chuter. Le ministre des Finances a d’ailleurs évoqué une baisse de 32% jusqu’à fin mai. Mais le président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) précise que ces chiffres annoncés par le Comité de veille «sont partiels». Car, selon Hamid Benbrahim El-Andaloussi, ils n’intègrent pas les activités des services et qui englobent la maintenance, l’ingénierie… l’Office des changes ne comptabilisant que les marchandises.
Le secteur passe par une conjoncture contrastée: «il y a un tassement de la croissance, mais le développement de l’activité aéronautique n’est pas pour autant compromis à long terme», déclare le président du Gimas. Son pronostic pour 2010 oscille entre stagnation et une baisse de croissance allant jusqu’à moins 10%. Rappelons qu’à fin 2009, l’activité construction aéronautique au Maroc n’a pas pu atteindre le même niveau de progression que les années précédentes. Elle s’est contentée d’un 5% alors qu’en Europe et aux Etats-Unis, l’on a enregistré une baisse de 15%. Le secteur aéronautique, qui n’est pas concerné par les mesures de soutien, regroupe 90 opérateurs et a réalisé 750 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009. L’aéronautique n’est pas sinistrée
Même si 2010 sera «une petite année», les carnets de commandes pour les cinq prochaines années sont pleins. Le DG d’Alphanum, Abbès Chaïb, affirme qu’il n’y aura pas de reprise avant fin 2011. Mais Airbus compte augmenter la cadence pour le modèle A 320, en passant de 34 à 36 avions par mois. Ce qui est un bon signe pour les sous-traitants marocains.
En attendant la reprise, la Société marocaine d’assurance à l’export veille à ce que des opérateurs préservent leurs parts de marché en Russie et en Afrique notamment. Puisque «l’assurance publique complémentaire a été reconduite à son tour», annonce Nezha Lahrichi, PDG de la Smaex.
L’établissement a d’ailleurs connu un pic historique: une demande d’options de l’ordre de 6,7 milliards de DH en 2009, soit 60% de progression par rapport à 2008. Toutefois, «l’effet demande n’a pas joué sur l’évolution de l’assurance-crédit. Car la baisse à l’export, et donc des transactions, a occasionné un moindre volume de créances à garantir», explique Lahrichi.
Hassan EL ARIF & Faiçal FAQUIHI
L'Economiste
28-06-2010 |