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COLLOQUE RISQUE PAYS COFACE
ALLOCUTION DE MME NEZHA LAHRICHI

Mesdames, Messieurs, chers amis, 
Le colloque qui nous réunit aujourd’hui se tient à l’occasion de la déclinaison régionale du colloque risque pays de la Coface qui tient régulièrement sa cession annuelle à Paris, au mois de Janvier ; c’est un moment fort, prisé par les décideurs, car il permet de renforcer notre capacité à gérer le risque de façon optimale et d’essayer d’appréhender l’incertitude teintée à la fois d’espoir, de crainte et de peur, peur qui nait de l’inconnu et du méconnu !
Ce colloque se tient aussi à l’occasion du séminaire de CreditAlliance, réseau mondial spécialisé dans les métiers du poste client et permettant à ses membres un accès à l’information sur des millions d’entreprises et un développement continu en terme d’ingénierie de l’information : ainsi, l’information recueillie, analysée, interprétée, validée par des professionnels est transformée en renseignement fiable et utilisable par les décideurs.
Qu’il me soit permis de saluer et de remercier les responsables de Coface et de CreditAlliance, les Présidents et les représentants des grandes sociétés internationales pour le choix de notre pays, terre de rencontre, de dialogue, de convivialité et de pluralité culturelle.
Qu’il me soit permis aussi de saluer nos partenaires, la Chambre Française de Commerce et d’Industrie, un partenariat qui traduit, s’il en était besoin, la richesse et la singularité de la relation franco-marocaine et la Confédération Générale des Entreprises Marocaines qui fait vivre à notre pays un évènement historique avec le choix d’une femme à la tête du patronat marocain en la personne de Mme Miriem Bensalah, chef d’entreprise aguerrie avec un sens aigu de l’engagement et de la création collective et qui illustre encore une fois l’inexorable marche de notre pays vers la modernité.
Permettez-moi enfin de saluer l’ensemble de celles et de ceux qui ont bien voulu nous honorer de leur présence.

Mesdames et messieurs,
Le monde change ! Pour certains, il est plat et rétréci, pour d’autres il est cubique.

  • Plat dans le sens où la mondialisation est de plus en plus le fait de puissances non occidentales
  • Cubique parce qu’il y a plusieurs niveaux de gouvernements et une interaction entre le global, le régional et le local. Mais c’est le fait qu’il soit rétréci qui intéresse notre propos dans la mesure où l’information prend une importance cruciale en raison de la révolution des technologies de l’information et du travail en réseau.

Si les enjeux prioritaires ont été largement dominés par des fonctions structurantes comme la production, le commerce et l’innovation, de nos jours, l’information est au cœur des processus décisionnels et les marchés ne sont plus conquis par les seules vertus du prix et de la qualité.
La compétition internationale acharnée, exacerbée, transforme les informations stratégiques en enjeux stratégiques. Les compétiteurs avertis l’ont compris et c’est pourquoi l’anticipation et non la réaction devient déterminante, car elle est action et donc créatrice de valeur ; et c’est précisément ce qui caractérise l’assurance crédit dont le cœur de métier repose sur l’anticipation des probabilités de défaillances des entreprises fondée sur une analyse dynamique du risque.
Il n’est pas sans intérêt de préciser que cette analyse du risque suppose la prise en considération du fait que l’information macroéconomique et la situation politique sont essentielles pour les décisions microéconomiques ; les décideurs effectivement ont besoin de signaux fiables sur la conjoncture, de plus en plus difficile à appréhender, étant donnée l’interconnexion des économies et la relativité de leur découplage.
C’est pourquoi, le système de notation des pays qui permet de mesurer la capacité moyenne des entreprises d’un pays à respecter leurs engagements, combine les perspectives économiques et politiques d’un pays, l’environnement des affaires et l’analyse de la solvabilité de l’entreprise.

La SMAEX, forte de sa longue expérience d’évaluation du risque, est appelée à développer sa propre notation des pays en s’appuyant sur le dispositif scientifique du Conseil National du Commerce Extérieur ; celui-ci met à profit la démocratisation de l’analyse de la conjoncture à travers :

  • la formidable capacité de gestion de grandes bases de données des ordinateurs
  • la possibilité d’exploiter des logiciels qui simplifient l’utilisation de l’économétrie jusque là domaine réservé des spécialistes pointus.

Ce saut qualitatif en faveur de la SMAEX s’inscrit dans la vision géostratégique du Maroc qui en fait une plateforme d’investissement et d’exportation au carrefour des marchés européens, américains et africains ; ces derniers sont au cœur des enjeux internationaux et nécessitent une appropriation des analyses pays, l’organisation de systèmes d’information structurées et une grille de lecture des affrontements économiques aux différents niveaux d’implication des acteurs ; c’est précisément ce que permet de formuler un système d’intelligence économique en cours de mise en œuvre au sein du Conseil National du Commerce Extérieur.
La présence de grandes banques marocaines AWB et BMCE Bank est un atout majeur pour réaliser cette ambition, avec à la clé, l’organisation du binôme financement, garantie.
Comme l’assureur crédit est le preneur de risque en dernier ressort, l’articulation entre assurance crédit et développement trouve son expression d’une part dans la facilité d’accès au crédit bancaire pour les entreprises structurées et, d’autre part, dans l’intégration des entreprises informelles dans le circuit du financement formel.

Un autre axe stratégique du développement de la SMAEX concerne la réforme de l’assurance publique dont la mission est de compléter l’assurance crédit commercial, soit la couverture du risque crédit à court terme, et qui garantit ce que le marché ne couvre pas : les risques politiques, catastrophiques et de non transfert et le crédit à moyen terme, le temps étant l’ennemi du recouvrement.

Ainsi, si techniquement, l’assurance crédit couvre le risque d’insolvabilité du client, sa dimension est plus politique que commerciale car elle est l’outil de promotion des exportations et des investissements. C’est pourquoi elle est historiquement l’émanation du pouvoir politique.
Soulignons aussi rapidement dans ce virage stratégique de la SMAEX, le développement de l’assurance crédit domestique en capitalisant sur l’expérience de la société Recours, précurseur du renseignement structuré au Maroc et filiale de la Coface, de la SMAEX et de banques de la place.

Mesdames, Messieurs,
Dans le système international émergent, la multipolarité et l’hétérogénéité se confirment avec une redistribution du pouvoir global.
La construction d’une zone stratégique de développement euro-méditerranéen avec un prolongement et un approfondissement des relations avec l’Afrique est un enjeu du présent et de l’avenir.
Cependant, la construction de ce pôle suppose, au-delà de l’éclosion d’une conscience régionale,  une extrême lucidité par rapport aux défis à relever et aux écueils à éviter dans un monde complexe et instable.
Il s’agit notamment de l’aboutissement de la construction européenne notamment en matière économique pour que l’Europe soit ressentie comme un facteur de solidarité et de liberté face aux contraintes extérieures.
- quant à l’écueil à éviter, il consiste à ne pas surestimer l’unité des pays émergents qui restent concurrents pour pénétrer des marchés et attirer des investissements ; en particulier, le désir d’Afrique ne cesse de se généraliser !
Cependant, ce qu’il faut souligner c’est que la structure des exportations de l’Afrique vers le reste du monde continue d’être dominée par les ressources naturelles ; en revanche, les exportations intra-africaines se répartissent de manière plus équilibrées entre produits primaires, denrées alimentaires et produits manufacturés et appui l’idée que les échanges intra-régionaux apportent des avantages en termes d’industrialisation et de diversification économique ; mais marcher vers l’intégration économique est un long chemin qui suppose de relever plusieurs défis dont celui du financement et de ses garanties…
C’est pour dire qu’il est souhaitable de créer un dispositif afro-euro-méditerranéen de garantie des exportations et des investissements afin de mettre en réseau les sources d’information existantes pour une fiabilité accrue de l’information et ce,  en impliquant la diplomatie économique, les banques et autres institutions ; et afin d’organiser la co-assurance pour partager les risques et mieux accompagner les opérateurs économiques. Cette proposition de la SMAEX a été inscrite dans l’Initiative pour l’Investissement en Méditerranée, projet mené par la CDG, la Caisse des Dépôts Française et l’IPEMED.
Le Maroc dispose d’un certain nombre d’atouts pour jouer son rôle d’intégrateur : statut avancé avec l’Europe, porte de l’Afrique avec une dynamique en marche des investissements: banques, télécom, cimenterie, transport, habitat et enfin un assureur crédit adossé à l’Etat et donc en mesure d’assurer une convergence des stratégies des entreprises et de l’Etat dans le cadre de la nouvelle configuration des relations internationales sauf qu’il faut aller vite, le temps étant aussi une ressource stratégique.

Je vous remercie.

Quel est l’intérêt pour le Maroc d’organiser cet évènement ?

» La COFACE est le premier opérateur mondial en assurance crédit à l’export et l’acteur principal de l’information sur les entreprises qui suit, en permanence, 165 pays.
Ses colloques sont l’occasion d’examiner les tendances majeures de l’économie mondiale pour une meilleure approche du risque.
Le fait d’organiser sa réunion régionale au Maroc offre l’opportunité de faire un focus sur le pays hôte, une façon de mieux approcher ses réalités et sensibiliser l’institution qui note les pays aux aspects qualitatifs que ne reflètent pas nécessairement les indicateurs statistiques ; une approche terrain permet de changer de lunettes en côtoyant les femmes et les hommes qui sont derrières les chiffres.
Une raison suffisante aux efforts déployés par la SMAEX pour co-organiser ce colloque à Casablanca.

 

 

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